« Hier nous étions esclaves, aujourd’hui nous sommes libres ». Telle est la célèbre phrase émouvante et magnifique que nous prononçons chaque année le soir du seder en soulevant le plateau pour réaffirmer notre reconnaissance profonde au Maître du Monde, qui nous a libérés des tragédies et de l’amertume de l’esclavage pour nous conduire vers la liberté retrouvée, vers la dignité et l’honneur. L’un des plus célèbres commentateurs de la narration de Pessah, Don Isaac Abravanel se pose pourtant la question : pourquoi affirmons-nous « aujourd’hui nous sommes libres ! », alors que plusieurs siècles après l’exode d’Egypte, certains de nos frères sont encore opprimés et persécutés ? La raison en est la suivante : Même si nous pouvons tomber dans l’oppression, maintenant nous savons que notre destin n’est pas de subir la tyrannie, mais d’arriver finalement à la liberté tant espérée. Notre joie est celle de l’espoir permanent de la délivrance pour toute l’Humanité. Notre liberté n’est pas dissociable de la liberté d’autrui, ce qui implique le droit d’exprimer notre pensée et le devoir de respecter les idées des autres. Il n’y a pas de liberté sans pluralisme. Telle a toujours été la philosophie prônée depuis un demi-siècle par les dirigeants du Centre Communautaire de Paris où la liberté de chacun va de pair avec l’ouverture et l’écoute de la sensibilité : les quatre enfants de la Haggadah doivent avoir leur place dans la Communauté et dans toute maison juive. Une joie de la libération qui s’associe cette année avec cette autre réjouissance que nous célébrons avec émotion : le Jubilé du Centre Communautaire de Paris. Le Centre qui vit le jour il y a cinquante ans à Paris, pour accueillir un autre exil, celui de nos frères d’Afrique du Nord. Le Centre Communautaire de Paris apparaît alors comme cette « terre promise » pour les accueillir avec fraternité et affection et chaque Pessah, le Centre Communautaire de Paris continue de célébrer les sédarim pour tous ceux qui désirent partager avec nous la ferveur de la soirée pascale. Cette année, Pessah 5773 résonnera d’une autre prière, celle de la rencontre et de la solidarité, d’un judaïsme radieux, d’unité, de rassemblement, de partage, de tolérance pour tous les enfants d’Israël. C’est là le plus beau message de Pessah et du Jubilé du Centre Communautaire de Paris.
Edmond Elalouf, Président de l'Institut Elie Wiesel et Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France entourent Elie Wiesel. Photo : Erez Lichtfeld
Devant une assistance aussi nombreuse que fascinée par sa capacité à sans cesse renouveler son regard sur les textes bibliques, Elie Wiesel a donné sa leçon biblique sur la ligature d'Isaac. L'écrivain philosophe et Prix Nobel de la Paix a conclu son court séjour parisien le 30 novembre 2011 en se consacrant au public de l'Institut qui porte son nom et ce fut un véritable moment d'enchantement.
Plus qu'un long discours, en attendant de disposer de l'intégralité de la leçon, nous vous offrons ce court extrait significatif.
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- Un bulletin d'inscription à télécharger, à imprimer et à nous renvoyer dûment rempli accompagné du règlement à renvoyer à l'adresse suivante : IUEJ 119 rue La Fayette 75010 Paris.
Nous vous rappelons que l'institut Universitaire d'Etudes Juives Elie Wiesel s'adresse aux étudiants des Universités et Grandes Ecoles, ainsi qu'aux non étudiants désireux d'acquérir un savoir académique, mais accessible à tout public.
Présentation par Franklin Rausky, Directeur des Etudes de l'Institut Elie Wiesel :
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Inscription à l'avance obligatoire par courrierousur place à l'institut (de 9h30 à 13h)
Ce 6 décembre 2010, dans les magnifiques salons de l’Hôtel de Ville de Paris, le professeur Ady Steg, président de l’Alliance Israélite Universelle a remis à Edmond Elalouf, président du Centre Communautaire de Paris, au nom du Président de la République , les insignes de Chevalier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur. Cette cérémonie, en présence de Bertrand Delanoé, maire de Paris et d’autres personnalités de premier plan, couronnait le parcours exemplaire d’un militant, qui a clôturé l’événement … en annonçant de nouveaux projets.
(De g. à d., B. Delanoé, E. Elalouf, A. Steg - phto : Erez Lichtfeld)
Edmond, l'homme qui joue collectif Les mots de bienvenue de Bertrand Delanoé prononcés spontanément traduisent la force des liens entre la Mairie de Paris et l'ensemble des actions portées par Edmond Elalouf « Il est important de distinguer une personnalité qui porte des valeurs, Je veux dire à Edmond que ce moment lui est dédié , à lui, à une famille de pensée, la part juive indispensable de l’âme de Paris, à travers le Centre Communautaire de Paris où j'ai le plaisir de présenter chaque année mes vœux à la Communauté juive, c'est-à-dire une fierté de ce que l'on est, une fidélité à ce que l'on a reçu, mais aussi une volonté de transmettre et de partager, toujours ouvert et tolérant avec le goût de ses différences qui fait que nous revenons à l'universel…" C'est au tour d'Ady Steg de rappeler la biographie très riche d'Edmond (voir texte ci-joint). Il raconte l'aventure hors du commun d'une quinzaine de jeunes leaders juifs du Maroc, conduits par Edgar Guedj (Lynclair) à qui les notables du judaïsme français ont confié les clés du FSJU, pour être en mesure d'intégrer rapidement les milliers de juifs rapatriés d'Algérie. Ce qui allait conduire Edmond à la direction du Centre Communautaire de Paris, boulevard Poissonnière où se sont déroulées les grandes étapes de la structuration de la Communauté juive de France. Puis ce fut le départ précipité vers un lieu provisoire, rue Rochechouart, la rencontre avec Raphy Marciano et la décision commune, contre vents et marées, de construire le nouveau Centre rue Lafayette. en faire le lieu culturel et intellectuel de vie juive à Paris. Et de citer parmi les réalisations, le Beth Halimoud et l'Institut Universitaire d'Etudes Juives Elie Wiesel. Après la remise de la décoration, Edmond Elalouf a témoigné de la dette qu'il avait envers ses parents dans sa propre construction, à son épouse Mady et à ses trois enfants, au scoutisme, à l'Alliance, à son maître Emmanuel Levinas, au FSJU, à ses compagnons de route du Centre, de Poissonnière à Lafayette et a remercié tous ceux qui avaient contribué à ses réalisations, en particulier les fondations Sacta Rachi et Matanel, la ville de Paris et le Conseil Régional d'Ile de France. Il a tenu à saluer parmi les présents Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France, le Grand Rabbin René Samuel Sirat "notre référence culturelle", Pierre Besnainou, Président du FSJU ou encore El Mostapha Sahel, Ambassadeur du Maroc. Pour conclure, prouvant comme il le dit lui-même "qu'il ne manque ni de volonté, ni de projet", il a annoncé le futur "Centre culturel et universitaire juif d'Europe.